Cinq espèces positives à l’influenza aviaire en Géorgie du Sud | Polarjournal

Annoncée pour la première fois au printemps dernier, la grippe aviaire touche désormais cinq des 14 espèces testées en Géorgie du Sud. Quelques cas suspects près de la péninsule Antarctique laisse présager l’expansion de la maladie.

Après les cas confirmés de grippe aviaire dans les îles Malouines, des cas suspects, avec des symptômes apparents, chez les animaux de la Géorgie du Sud ont été confirmés, morts de l’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Selon le dernier communiqué du British Antarctic Survey du 11 janvier, sur 14 espèces testées, cinq sont porteuses du IAHP H5N1. Les éléphants de mer et les otaries à fourrure sont particulièrement atteints. Chez les oiseaux, les labbes antarctiques, les goélands dominicains et les sternes antarctiques sont touchés. Pour les pétrels géants et les chionis, il existe des suspicions. Enfin, rien n’est sûr pour les albatros et les manchots.

Ces résultats proviennent des premiers échantillons, pris à la suite des premiers signes de l’épidémie au printemps austral. Le Gouvernement de la Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud ainsi que les services sanitaires du Royaume Uni avaient alors dépêché un scientifique sur place, inspectant des colonies grâce à une mission de la Marine et une patrouille côtière.

HMS Forth (P222), navire de surveillance côtière britannique dans l’Atlantique sud, ici pris en mars 2020. Image : Camille Lin

Aujourd’hui, l’observation de la propagation du virus reste limitée. Les oiseaux charognards sont très actifs et les traces disparaissent rapidement. Des sites ont été fermés aux scientifiques et au tourisme. « C’est difficile maintenant de se rendre sur toutes les différentes bases et fjords de l’île. Depuis que certains sont fermés aux visiteurs, nous n’avons plus d’informations régulières les concernant », explique Mark Belchier, directeur des pêcheries et de l’environnement du Gouvernement de la Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud.

Deux lieux restent régulièrement suivis. L’île Bird, dans le nord-est de l’archipel, où une présence permanente est assurée depuis 1963, ainsi que King Edward Point près du centre administratif.

« Bien que certains sites semblent particulièrement impactés, le niveau de mortalité des espèces suivies comme les otaries à fourrure, les labbes antarctiques et les pétrels géants n’ont pas dépassé le niveau d’une mauvaise année, complète-t-il. Il semblerait que le virus soit spécialement menaçant pour les espèces fragiles comme les grands albatros, les albatros à tête grise et les albatros à sourcils noirs. »

Une mission est en cours pour confirmer (ou infirmer) que le virus ne touche pas les albatros. Jennifer Black, responsable de l’environnement au Gouvernement de la Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud, traverse actuellement l’Atlantique vers l’archipel. « Ceci va nous donner l’opportunité d’accéder aux secteurs les plus isolés pour éventuellement détecter le virus chez d’autres espèces et mieux comprendre l’impact général sur les animaux », ajoute Mark Belchier.

Comme auparavant évoqué dans nos pages, les éléphants de mer sont touchés. « Il y a toujours eu de la mortalité pendant la reproduction, mais cette fois-ci, cela concerne toutes les classes d’âge de l’espèce, précise le directeur. Maintenant, c’est la période de reproduction des otaries à fourrure et les juvéniles semblent aussi fortement touchés. »

En Antarctique, des cas suspects ont été détectés sur les labbes antarctiques sur les Orcades du Sud, près de la station Orcadas appartenant à l’Argentine. De même sur Heroína Island, à la pointe de la péninsule Antarctique. « Pour être honnête, je suis surpris qu’il n’y ait pas eu plus de rapport venant de la péninsule Antarctique », ajoute-t-il.

Le niveau d’alarme concernant la grippe aviaire en Amérique du Sud juste avant cet été austral était haut. « L’immunité contre ce virus est encore en cours de découverte », nous explique Michelle Wille, chercheuse de l’Université de Melbourne, spécialiste du HPAI. Le principal espoir pour les animaux de l’Antarctique reste cependant l’immunité collective, afin qu’ils soient moins touchés lors d’un prochain épisode.

Camille Lin, PolarJournal

Lien vers : les mesures à suivre et précaution à prendre pour visiter l’Antarctique.

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