Le spectre de l’influenza aviaire s’élargit en Géorgie du Sud | Polarjournal
La colonie de manchots royaux de la baie de St Andrews est la plus importante de Géorgie du Sud, avec environ 150 000 couples reproducteurs. Image : Camille Lin

Les deux espèces de manchots les plus communes de l’archipel de Géorgie du Sud viennent de montrer des signes de faiblesse face au virus de la grippe aviaire.

Des manchots papous et des manchots royaux de la Géorgie du Sud sont atteints par l’influenza aviaire hautement pathogène, alerte le British Antarctic Survey (BAS). Ce dernier a révélé hier les résultats biologiques de l’Animal and Plant Health Agency (APHA) de Weybridge au Royaume-Uni. APHA est une référence pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant cette épidémie. C’est une première et triste nouvelle pour l’archipel, malheureusement attendue puisque détectée chez les manchots papous des îles Falkland en janvier dernier.

Cinq cas sont positifs pour chaque espèce, le manchot royal et le manchot papou, sur deux sites de Géorgie du Sud, Will point dans le sud-est et à proximité de Bird Island, où 38 manchots papous sont morts de façon suspecte. « Pour l’instant, il ne semble pas s’agir d’un virus emmené, mais plutôt d’un virus localisé », constate le Dr. Norman Ratcliffe, ornithologue au BAS. L’arrivée de l’hiver, les animaux se dispersent en mer, réduisant la propagation du virus, cependant, « les manchots royaux et les manchots papous continuent à former des dortoirs communs ou à nicher, respectivement, tout au long de l’hiver, et restent donc peut-être en danger », estime l’ornithologue. Pour l’instant, les membres du BAS n’ont pas constaté de mortalité anormalement élevée, mais regrettent l’ajout d’un facteur de mortalité pour la faune.

Dès l’arrivée du virus, le gouvernement de la Géorgie du Sud a suspendu des travaux de recherche au contact avec les animaux. Il restreint également l’accès à certains sites de l’île, et le personnel désinfecte chaussures et vêtements pour ne pas propager davantage le virus. La surveillance des espèces à King Edward Point et Bird Island se poursuit, ainsi que des campagnes spéciales pour observer la propagation de la maladie.

L’OMS alertait en août 2023 sur les risques particuliers et inédits qu’encourait la faune de l’Antarctique et des îles subantarctiques au cours de cet été austral. En octobre 2023 des premiers cas en Géorgie du Sud ont été enregistrés chez les skuas (oiseaux prédateurs). « Nous nous attendions à ce qu’ils soient le vecteur », commente Dr. Norman Ratcliffe.

En novembre, cela a été le tour des éléphants de mer, puis en début d’année 2024 celui des otaries à fourrure, des sternes couronnées et des goélands dominicains. Plus récemment, le virus a été détecté chez les grands albatros. Des résultats de test PCR sont attendus pour les albatros à sourcil noir et les albatros à tête grise de Bird Island.

L’influenza aviaire a déjà atteint les îles Shetland du Sud, et le nord de la péninsule Antarctique, sans victimes connues chez les manchots. Le cas d’un skua est toujours suspect dans les Orcades du Sud.

Camille Lin, PolarJournal

Mise à jour du 13 mars, avec l’ajout des propos de Mark Belchier, directeurs des Pécheries et de l’Environnement au gouvernement de La Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud, sur le départ pour l’Atlantique Sud :

« Bien qu’il soit possible que le virus se propage encore dans les colonies de manchots royaux, ces derniers auront été exposés au virus pendant plusieurs mois déjà.« 

« Nous examinerons la situation avec nos experts scientifiques à la fin de la saison et continuerons à surveiller la situation de près au cours de l’automne et de l’hiver. Nous utiliserons ces informations pour déterminer si les restrictions d’accès aux sites devront être maintenues au printemps et à l’été prochains.« 

« Des tests ont été effectués sur de nombreuses espèces et il semble que certaines d’entre elles, comme les chionis et les pétrels géants, n’aient pas encore été testées positives et ne semblent pas avoir été affectées jusqu’à présent.« 

En savoir plus sur le sujet :

Print Friendly, PDF & Email
error: Content is protected !!
Share This