La rétrospective polaire – Un regard sur le marché du travail arctique | Polarjournal
La mine de diamants de Diavik, dans les Territoires du Nord-Ouest, est certes située à environ 220 km au sud du cercle polaire. Mais les conditions d’exploitation sont très arctiques. La mine est exploitée depuis 2003 et doit maintenant être fermée et démantelée en même temps que d’autres mines. Image : Axelspace Cooperation via Wikicommons CC BY-SA 4.0

La rétrospective polaire revient sur les événements de la semaine passée en rapport avec l’Arctique et l’Antarctique et met l’accent sur un ou plusieurs aspects. Cette fois-ci, le développement économique, l’emploi et une annonce personnelle font partie de la rétrospective hebdomadaire.

La perte de plus de 1 500 emplois et de 68 millions d’euros en termes de pouvoir d’achat sont des conséquences prévues qui pourraient résulter de la fermeture de plusieurs mines de diamants dans les Territoires du Nord-Ouest TNO. C’est la conclusion d’un rapport économique qui a fait le tour des médias canadiens et autres la semaine dernière. Outre ces pertes, les fermetures pourraient également entraîner le départ d’environ 1 100 travailleurs (et éventuellement de leurs familles) vers d’autres régions arctiques, poursuit le rapport.

Le contexte : les sociétés d’exploitation des trois mines de diamants situées sur le territoire ont annoncé depuis un certain temps déjà leur intention de fermer les mines. La mine de diamants de Diavik devrait cesser son activité au plus tard en 2026 et celle de Gahcho Kué vers 2030 – dans les deux cas, la fin de vie a été atteinte. Selon la presse, la survie de la troisième mine, Ekati, dépend des progrès réalisés en matière d’exploitation minière sous-marine.

Pour un territoire comme les TNO, dont la population se situe entre 41 000 et 44 000 habitants, il s’agit d’un nombre tout à fait substantiel de personnes, surtout si l’on considère que parmi elles se trouve une main-d’œuvre hautement qualifiée, un aspect qui, dans les régions économiquement faibles, est presque aussi précieux que les diamants extraits. Cela pourrait profiter au Nunavut voisin, où les prévisions publiées par le gouvernement fédéral en matière de développement minier prévoient une forte croissance pouvant atteindre 300 millions d’euros. Le voisin de l’Est devrait ainsi gagner en attractivité pour la main-d’œuvre.

Afin d’offrir au secteur de la construction du Nunavut une main-d’œuvre qualifiée dont il a un besoin urgent, deux sociétés ont annoncé leur collaboration et ont lancé un programme de formation de 3,3 millions d’euros pour les ouvriers du bâtiment. Cela devrait permettre de faire avancer les projets de logement et d’infrastructure nécessaires, comme par exemple la rénovation de l’infrastructure d’eau potable. (Photo : Google Street View / Ville d’Iqaluit)

La pénurie de main-d’œuvre qualifiée ne concerne pas uniquement les TNO, mais constitue un problème chronique dans les régions arctiques canadiennes. Le Nunavut connaît également cette pénurie dans certains secteurs d’activité. Que ce soit dans le domaine de l’éducation ou de la santé, de l’administration ou de l’économie privée, le personnel bien formé est toujours un goulot d’étranglement dans le développement de la région. Le secteur de la construction n’échappe pas à la règle : la construction de logements et la rénovation urgente d’infrastructures telles que les conduites d’eau ou les routes ne progressent que lentement en raison de la pénurie.

Afin de remédier à cette pénurie de main-d’œuvre qualifiée, du moins dans le secteur de la construction, les deux sociétés inuites Makigiataq Inuit Training Company et NCC Development Ltd. ont annoncé un programme de formation pour huit communes du Nunavut. Ce programme d’environ 3,3 millions d’euros doit permettre de créer une formation complète dans le secteur de la construction et de rendre ainsi le secteur local de la construction moins dépendant de la main-d’œuvre extérieure à la région. Makigiataq, qui est affiliée à Nunavut Tunngavik Ltd, la plus grande représentation régionale des préoccupations des Inuits, financera le programme pour environ 90 participants et le mettra en œuvre par NCC Development Ltd. et devrait fonctionner pendant les six prochaines années.

Le dernier visage en date de l’équipe du Polar Journal AG appartient à Beàta Szablics. Elle s’occupera du développement économique dans les régions polaires en tant que manager de la plateforme « Polar Jobs ». Sa carrière l’a notamment menée en Antarctique en tant que gestionnaire de camp. (Photo : Beàta Szablics)

Chez Polar Journal AG, nous avons également reconnu l’importance de l’évolution du marché du travail dans l’Arctique et l’Antarctique. C’est pourquoi nous avons créé une nouvelle plateforme, Polar Jobs, qui sera consacrée à cet aspect et que nous présenterons plus en détail dans une autre rubrique. Parallèlement, l’équipe de Polar Journal AG s’est renforcée en la personne de Beàta Szablics. D’origine hongroise, elle a également acquis de l’expérience dans les régions polaires au cours de sa carrière de chef de projet pour le développement du tourisme et des produits. Sa dernière mission en tant que directrice de camp au cœur de l’Antarctique l’a mise en contact avec les régions polaires ainsi qu’avec des questions et des aspects spécifiques au marché du travail, qu’elle peut désormais aborder en tant que directrice de « Polar Jobs » depuis lundi dernier. Nous sommes très heureux qu’elle ait accepté cette tâche et qu’elle vienne enrichir notre équipe.

Dr. Michael Wenger, Polar Journal AG

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